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Pour sa troisième journée d’étude sur l’utopie Les lieux du non-lieu 3, l’Archipel des devenirs
décide de s’intéresser aux relations entre utopie et expérimentations artistiques. Compte tenu de la
thématique abordée, ce groupe de recherches a éprouvé le besoin de donner à cette journée une
forme en adéquation avec les questions abordées et de sortir, pour ce fait, du dispositif conférenciel – cher à l’exposition de la théorie – pour se déplacer vers celui plus conversationnel, performatif et sensible de La fabrique du commun, créé par le collectif artistique kom.post.
La fabrique du commun consiste en effet, en la création d’un espace « horizontal » qui brise les frontières entre les différents types de parole (celle du spécialiste et de l’amateur ; du professeur et de l ‘étudiant, de l’artiste et du spectateur) pour les replacer, à niveau égal, « autour d’une table »
composée par la variété des provenances des divers participants. Pour la journée du 25, L’archipel des devenirs ouvre donc un tel espace en occupant l’une des salles
de l’Université Paris 7 (Salle des thèses, Halle aux Farines, Hall F, 5ème étage), par une dizaine de tables, chacune pouvant accueillir entre 5 et 6 personnes, réunies selon ce principe d’hétérogénéité pour s’emparer, ensemble et dans les différences, de la thématique générale de la journée. Celle-ci
sera introduite, dans un premier temps (à peu près 20minutes), à partir d’un montage de textes, vidéos, entretiens sonores…afin « d’immerger » l’ensemble des participants dans un bain sensible
pouvant faire « gouter » les notions abordées sans exigence première de maitrise ou d’évidence partagée.
A la suite de ce « bain introductif », la parole sera donnée à l’un des intervenants invités pour l’occasion, qui se lancera dans l’exposition de ses idées non depuis la place « séparée » de la
tribune, mais bien depuis sa chaise, à l’une des tables et à côté d’un autre participant de la fabrique qu’il soit étudiant, professeur, artiste…L’enjeu de son intervention sera moins de « diagnostiquer » et de conclure que de risquer des hypothèses et d’ouvrir ainsi la conversation, à la fois au sein de sa
table mais aussi de toutes les tables qui, alors, s’empareront ensemble des différentes pistes et thématiques dessinées jusqu’à présent. Alors que chaque table se lancera, à l’échelle de 5 ou 6, dans ce travail de réappropriation- remise
en question, le groupe de l’Archipel des devenirs, saisira des extraits des différentes conversations, les retranscrira et les projettera sur un grand écran permettant à chacun des participants d’être à la fois dans une situation de conversation intime et de « fabrique en commun », avec tous les
participants, d’une réflexion partagée. Apparaitront alors, dans la dynamique de la traduction-projection, des lignes de tensions et nœuds problématiques qui orienteront la réflexion générale vers tel ou tel aspect de la question et permettront de donner à nouveau la parole à un intervenant, connu pour être plus particulièrement concerné par cet aspect. La conversation sera ainsi renourrie, réimpulsée et continuera dans son
mouvement propre permettant de dessiner, en simultané, le déroule des prises de paroles, invitations à l’expression ou ouverture des discussions au sein de chaque table, connectées les unes aux autres de façon de plus en plus tenue.
C’est cette dynamique qui sera suivie tout au long de la journée (avec une pause déjeuner et une pause dans l’après midi) afin de composer, depuis la matière des échanges toujours repris et
recommencés, non pas une réponse finale aux questions ouvertes, mais plutôt une nouvelle invitation à poursuivre ces échanges, que ce soit à l’échelle d’une relation à deux amorcée dans la journée, d’un petit groupe souhaitant continuer à travailler ensemble ou du séminaire tout aussi
interdisciplinaire proposé par le groupe de l’Archipel des devenirs, à l’université Paris 7 et commençant le Mardi 14 Octobre, de 17 à 19h.
Comme se risque à le dire le poète « nous sommes au tout début vois-tu ? »