chambre-entames
22-27.04 LA CHAMBRE / TROUBLES
Dans le cadre du projet “La Chambre des entames”, présenté tout au long du festival Troubles auxHalles de Schaerbeek, le collectif kom.post aimerait vous inviter à prendre part à une correspondance qui se déploierait à partir de maintenant – oui maintenant – jusqu’au jour de la restitution, le samedi 27 avril.

Juste avant « que le spectacle commence ! », en cet espace-temps qui précède la représentation : c’est là que kom.post vous attend, pour faire de vos désirs et de vos suppositions un moment de réflexion et de sensation. De l’espace intime de chaque spectateur à l’espace partagé de la chambre et à la mise en dialogue des imaginaires.

Pour participer, contactez kom.post : kom.post@kompost.me

La chambre des entames

Cela se passerait juste avant le début…
Juste avant “que le spectacle commence !”
En cet espace-temps infime qui précède la véritable entrée dans la représentation, la performance, la
discussion, la rencontre…et qui n’est peuplé que de nos imaginaires, de nos désirs, attentes et
fictions. Ceux-ci font aussi le goût, la matière et la couleur de notre expérience de réception ou de
participation.
Mais où vont-ils une fois que l’évènement est « entamé », réalisé et enfin passé?
La chambre des entames pourrait être le lieu de cette destination sans point d’arrivée, sans « arrêt »,
sans actualité. Elle serait un lieu de pure intensité où le virtuel de nos imaginaires pourrait
s’exprimer sans se consumer et où les croisements de ces différents « débuts » déposeraient, peu à
peu, une nouvelle forme de poème collectif.
« Le poème est l’amour du désir demeuré désir » nous dit René Char, et la chambre de ses échos est
un espace sans cloison, où les paroles prennent corps, les corps se prolongent en sons, et les sons en
flux…

Située dans le foyer, dans un lieu de transition autour du spectacle, la chambre se saisirait des
situations qui ont l’habitude de s’y tenir (conversation autour d’un verre, arrivée précipitée pour ne
pas manquer la pièce, débat autour de la représentation, rencontres improbables, accidentelles,
provoquées…) en proposant aux spectateurs différents points de vue par lesquels les scènes du réel
s’apparentent soudain à celles d’un film tourné en direct. Un casque se tiendrait à côté et, une fois
endossé, changerait à nouveau la scène observée, la ferait « débuter » autrement. Puis, une présence
« trouble » pourrait venir s’adresser au spectateur, cette fois directement, et le conduire à une table
du bar pour un moment de lecture augmentée avant de le laisser quitter la chambre et déposer à sa
porte, grâce à un dispositif d’enregistrement, ses propres entames.
Par quoi est-on mu « juste avant que ça commence » ?
Comment conserver ce mouvement en n’allant pas jusqu’à son aboutissement usuel ? Comment
rompre la linéarité et logique du temps pour faire place à ce qui n’a jamais droit à une existence
pleine, partageable, observable ? C’est tout ceci que la chambre de consultation et dépôt pourrait
tenter d’activer de manière continue pendant le festival.
Le relais des possibles s’y poursuivrait dans un principe cher à kom.post (et qui fait son nom) : la
ressaisie de ce qui est là sans être toujours perçu et sa transformation immédiate en terrain où tout
peut, à nouveau, éclore.

ECRIVEZ-LEUR

Correspondance Chambre des entames

Je dis “poème collectif” et je pense à trouble. Nous sommes juste avant le début. Le temps de la “première entame”: Trouble. Je pense à ce que ce mot signifie, ce qu’il signe et je commence maintenant – oui maintenant. Quand j’entends “trouble”, c’est toute une petite foule que j’écoute, car turbula en latin veut dire petite foule, et c’est de là que trouble vient. Turba jaculorum, “une grêle de traits”, dit Ovide. C’est de là que trouble vient. Il y a, c’est sûr, beaucoup d’émotion dans trouble. Il y a, c’est sûr, beaucoup d’émotion à se figurer petite foule qui fait du bruit, qui prend de la voix, grosse, qui éclate. Il y a beaucoup d’émotion et d’importance à se figurer petite peuple qui gronde ces temps-ci. Il y a, c’est sûr, beaucoup d’espoir, politique et poétique, dans trouble, dans le tourbillon de voix qui s’élèvent. Et je reviens au “poème collectif”.

C’est là que j’entame, et c’est ici que je me tiens. Toi, vous, où es-tu? Où êtes-vous? Notre chambre en devenir collectif est en attente de vos paroles, de ces secondes, troisièmes, énièmes entames…Nous vous invitons à nous les faire parvenir sous la forme de votre choix, électronique ou manuscrite, faite de mots ou de dessins, d’images, d’objets, d’un enregistrement audio, vidéo…la liste reste ouverte.

Nos adresses:
kom.post “La chambre des entames” à
Les Halles de Schaerbeek
20 rue de la Constitution
B-1030 Schaerbeek

Nous vous remercions pour votre attention et espérons vous rencontrer bientôt, de la croisée de nos correspondances jusqu’à La Chambre des entames.
Entamons!